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Meryl Cadigan

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MessageSujet: Meryl Cadigan Jeu 1 Déc - 23:26

cadigan meryl


« Comme le chant des pierres qui résonne en silence, comme l'eau qui serpente et qui gronde sous moi. Tu sais, je reviendrais... »


N'a pas bien d'autres surnoms que sorcière ou monstre ;; Encore dans la fraîcheur fade de ses 19 ans ;; Pansexuelle ;;Aurait pu être forgeronne ;; Enchantée


............................................pouvoir.................................................
Son esprit est un pinceau et l'espace autour d'elle sa toile. Meryl est capable d'imaginer quelque chose et de le transposer sous forme d'image flottante ou galopante sur une façade. Elle dessine dans l'air, pouvant ainsi recréer une scène, un songe, un visage, une créature, sous vos yeux. Bien qu'elle puisse faire de nombreux efforts pour que ses dessins aient l'air réels, et que l'imagination directement transposée dans la réalité puisse permettre un réalisme époustouflant, toute image reste intangible et temporaire. Tout n'est que songe. Passez votre main dans un de ses dessins et il continuera de vivre en temps réel sans se soucier de votre présence. Il s'évaporera quand Meryl l'aura décidé ou bien si elle fait trop durer son don. Elle juge tout cela inutile, inoffensif, mais par dessus tout, elle déteste ce don qui aurait gâché toute son existence. Jamais il ne lui aura servit réellement. Une image qui se touche même pas, ça ne défend pas et ça n'effraie que les ignorants et les idiots.



au delà de l'acidulé


.............................................................................................................................................................Physique ;
Il est difficile de dire ce qui attire l’œil en premier lorsqu’on observe Meryl car deux éléments rivalisent. Peut-être cette étrange et longue chevelure d’un roux flamboyant, presque rouge, parfaitement lisses au niveau du crâne, qui part en multiples boucles anglaises désordonnées sur l’extrémité. Ou bien ces grands yeux verts, perçants comme ceux d’un rapace, au regard bien souvent perdu dans le vide. Ses cils épais soulignent le trait rond de ces yeux qui mangent son visage en forme de cœur, au menton pointu et aux pommettes saillantes. Mais là s’arrêtent les détails frappants.

Outre ces deux caractéristiques, la jeune fille n’est pas bien impressionnante. Sa poitrine bien que ronde est assez petite et sans ses hanches féminines, elle aurait presque pu avoir un corps d’enfant. Là est le point qui fait mal : la demoiselle est de faible constitution, de taille moyenne voir petite aux yeux de certains, ce qui pourrait parfois lui donner, à tort, un air maladif. Sa peau pâle de rousse au grain délicat et sa silhouette fine lui donnent l’air trop fragile à son goût. Ses bras et jambes sont longs et fins bien que légèrement musclés, ses épaules restant cependant fines et rondes, parsemées de quelques taches de rousseur. Meryl est néanmoins une personne en bonne santé, gardant un certain tonus qui lui est propre et se tenant toujours le dos droit. Ses mains longues et fines sont propres aux harpistes, mais les callosités un peu rugueuses sur le haut de ses paumes trahissent le travail qu’elle a donné durant son adolescence à la forge de son père. Bien qu’elle se donne parfois des attitudes de garçon manqué pour se protéger, sa démarche et ses gestes délicats ne font que renforcer à son insu cet aspect gracile qu’elle déteste tant.

Si à cause des récents évènements, les expressions qu’elle arbore se révèlent limitées à de la rêverie ou de la mélancolie, Meryl était il y’a encore peu de temps quelqu’un d’assez expressif. Ses sourcils fins se froncent presque exagérément lorsqu’elle est agacée et son nez pointu se retrousse systématiquement quand quelque chose l’intrigue. Son sourire lui est une chose rare, presque un trésor de perles entre ses lèvres charnues, qui ne se voit que très peu de fois.

Les vêtements sont assez peu modernes, bien qu’elle garde un sens de l’esthétisme. Ses tenues sont assez variées, allant de la robe blanche des plus simples, à des tenues plus ornementées, décorées de dentelles et gonflées de jupons. Elle préfère néanmoins les couleurs sobres, comme le noir, le gris ou le blanc. La seule exception étant le rouge, unique teinte capable de briser son image de frêle demoiselle. Elle se plaît à porter une sorte de tricorne se nouant avec un ruban sous son menton. Elle se maquillait très peu avant son exil, mais l’absence de ce genre d’artifice ne lui manque pas.

Caractère ; ..................................................................................................................................................................
Le point de non-retour. C’est surement ce que Meryl a atteint il y’a peu de temps.
Elle aurait pu être ce genre de fille, enjouée, un peu naïve et profitant de la vie. A vrai dire tout ce qu’elle déteste. Mais cette vie de mépris et de cloisonnement n’ont pu développer en elle que dégoût et amertume. La mélancolie, ça elle a toujours connu. « Pourquoi moi ? » « Qu’est-ce que j’ai fait ? » Ce sont des questions qu’elle abandonné depuis bien longtemps. Quand on passe sa vie à encaisser en grognant, en se contenant pour ne pas empirer sa situation, on finit en quelque sorte par accepter son sort, sans pour autant vraiment le digérer. La froideur avec les gens qu’elle ne connait guère est de mise. Comment pouvoir faire confiance à ces personnes qui vous traitent de monstre avec des regards haineux, alors que vous n’avez jamais porté la main sur eux ? Quelque chose est évidemment brisé en elle. Les seuls contacts sociaux qu’elle entretenait étaient ceux de sa famille et Finnian. Cela ne laissait pas vraiment l’occasion de vérifier à quoi ressemble réellement une amitié, surtout quand on habite dans un village peuplé uniquement de gens arriérés et craintifs. Ou pire, dans une forêt.

Elle n’arrive pas vraiment à trancher sur ce qui a réellement changé depuis sa captivité. Meryl vit dans des conditions plus dures et voit peu, même plus du tout sa famille. Or l’esprit reste le même : elle est mise à l’écart et avait fini par s’y habituer depuis toutes ces années d’isolement. La solitude, elle n’en a jamais souffert, puisque autrui n’a qu’une connotation généralement négative pour elle. Cela avait causé le développement d’une légère agressivité, mais surtout d’une méfiance perpétuelle. Elle appréciait le calme, le silence, entrecoupé de musique. Ce qui est ironique pour quelqu’un de désillusionné est qu’elle rêvasse souvent, pensive à tout ce qui l’entoure, tout ce qu’elle n’a jamais vu. Elle a conscience de son ignorance, ce qui lui ôte une grande part de naïveté. Il est probablement dur de la berner, car elle ne croit que ce qu’elle voit. En revanche, elle a du mal à écouter les paroles d’un interlocuteur. La jeune fille a apprit à ne pas aller par quatre chemins pour dire ce qu’elle pense, manquant même parfois de tact. Elle reste cependant cynique, n’hésitant pas à cracher des paroles acides quand il le faut. Mais Meryl a beau avoir été endurcie, brisée, pour finalement être remodelée afin d'ignorer tous ces abrutis, malgré ces aspects plutôt forts de sa personnalité, elle possède des failles, béantes. Ayant vécu coupée de tout, elle est facilement impressionnable, fascinée par les évènements magiques, même s’ils étaient à l’origine de son malheur. Un tour de magie rondement mené suffit à la fasciner. Elle est aussi sensible à l’art, peut-être un peu trop. La musique et évidemment le dessin qui est l’essence de son don, font partie intégrante de sa personne. De ce fait, quand elle joue de la harpe, elle atteint facilement un état léger de transe.

Depuis sa captivité, peu de choses ont changé. Elle a eu pour seul effet que d’ancrer encore plus profondément certaines caractéristiques en elle. Mais la jeune fille est à vrai dire plus au calme, ce qui lui accorde une certaine sérénité. En revanche, elle subit de plein fouet le pathétisme de sa situation. Celle-ci la déprime et elle médite souvent sur l’intérêt d’une telle existence. Même si elle essaie autant que possible d’éloigner ces idées négatives, elles restent néanmoins toujours présentes dans une partie de son esprit. Trop penser lui nuit, car à force de réfléchir, elle déteste de plus en plus Aisling, et son désir de revanche s’accroit. Et elle sait malheureusement que si la situation perdure, elle pourrait devenir folle. Au final, peut-être qu’en la traitant comme un monstre, ils ont créé leur propre chimère.


..............................................................................................................................................................Habitude(s) ;
Le regard vide et mélancolique de l'âme qui se cherche un but. Rêveuse, ses yeux ne brillant que pour la lune se levant et soleil qui meurt à l'horizon, vers cet Ouest si lointain. Il ne s'allumera que lorsque des temps posés reviendront, là apparaîtront deux yeux calmes et perçants, peut-être même un petit sourire espiègle.

La grâce de la harpiste et la fermeté de la forgeronne se battent dans ses attitudes. Quand elle se tient droite, mais la nuque molle et nonchalante, ou quand ses doigts viennent pincer avec douceur et fermeté la corde d'une harpe ou d'un arc.

Triste est le chant de celle qui n'a personne d'autre que l'ombre sans fin d'une forêt trop silencieuse. Ses épaules blanches frissonnent doucement à l'approche de la caresse du vent ou à la réminiscence de la main délicate d'une personne qui n'est plus qu'un souvenir.

Un pas ralenti par un chaîne trop lourde pour ses pieds, des jambes qu'elle traîne avec peine, elle qui aimait courir après le gibier et marcher le long du lac. L'ombre de Meryl erre autour de la fontaine ombragée. L'oubliée tourne en rond, s'ennuie et se lasse.



une gousse de vanille


..................................................................................................................Triste conte ;
CHAPITRE I : L’écho de la disgrâce.

Une particule insignifiante, se posant sur front d’un nouveau-né avant d’y disparaître. Particule composée d’un fragment infime de magie. L’enfant n’arrêtait pas de pleurer depuis sa naissance, comme inconsolable qu’on lui inflige la vie. Ce genre d’évènement était considéré comme un don, une bénédiction dans la plupart des lieux du monde. Mais certaines zones reculées vivent en dehors des considérations de la capitale, encore dans des croyances obscurantistes qui se sont renforcées par la crainte des mangeurs d’âme. C’était le cas de la bourgade d’Aisling. Pour les habitants de ce petit village, les enchantés sont des appâts pour Mammon, des dangers publics. Après avoir subi une attaque il y’a quelques années qui a brûlé une grande partie du bourg, les personnes ayant reçu une particule de magie à leur naissance ne sont plus les bienvenus. Meryl était née, apportant au premier abord un peu plus de bonheur à la vie calme de ses parents et son grand frère, Caem. Brian et Eireen étaient mariés depuis maintenant quatre ans, ayant déjà eu auparavant un fils fin mais robuste. L’homme était forgeron, le plus réputé de la région, pour la finesse et le tranchant de ses armes. Malgré le fait qu’Aisling soit isolé et peu peuplé, beaucoup n’hésitaient pas à faire de la route pour se procurer ses sabres, haches et dagues. Quant à sa femme, elle se contentait de vendre sur le marché du village les produits de l’exploitation de sa famille, constituée de riches fermiers. En somme, la jeune enfant pouvait s’avérer quelque part bien née, sans pour autant vivre dans une grande opulence. Leur vie semblait déterminée à être calme et sans travers.

En tant qu’enchantée, la venue de l’enfant fut loin d’être un avantage comme elle aurait pu l’être ailleurs. Les cinq premières années de sa vie furent sans soucis apparents. Une petite fille pleine de vie et rieuse, parfaitement comme les autres, bien que quelques phénomènes étranges arrivaient de temps en temps. De brèves images telles que des fleurs, des personnages ou des animaux, apparaissaient autour d’elle, souvent furtives, se fondant parfois dans le décor. Mais lorsqu’elle commença à côtoyer d’autres enfants, les catastrophes se sont enchaînées. Si quand des dessins amusants, animés autour d’elle ou sur le sol, amusaient les autres ; lorsqu’elle se mettait en colère ou qu’elle se faisait un peu embêter par un garnement, les images se transformaient en figures effrayantes ou en monstres imaginaires. En raison du jeune âge de Meryl, les esquisses aériennes restaient assez sommaires. C’était pourtant suffisant pour effrayer une bande de mômes, et inquiéter les adultes avec ce don plus qu’indésirable. La famille Cadigan, qui commençait à douter sérieusement de la normalité de leur fille, virent leurs soupçons confirmés. Ils ne furent pas personnellement inquiets pour ça, ils en étaient même un peu fiers. Le seul problème résidait dans la mentalité environnante. Les remarques se faisaient de plus en plus nombreuses, au fil de l’âge, Meryl voyaient son pouvoir grandir en même temps que la peur aveugle des villageois. Plusieurs fois, elle dû se battre avec d’autres enfants pour ne pas à avoir à se laisser brimer. Son frère Caem dû cependant l’aider à maintes reprises, prenant souvent des coups à sa place. Ce n’eut pour effet pour elle que d’être mise de côté, parfois pointée du doigt en ricanant, les murmures dans son dos se taisant brusquement lorsqu’elle se retournait. Bien qu’elle ait appris à juguler son don, lorsque la colère se faisait trop forte, elle ne pouvait empêcher certaines images de naître. Il s’agissait toujours de monstres ou de scènes affreuses, la rage d’être autant stigmatisée pour pas grand-chose envahissant son esprit. Il ne fallut pas plus de temps pour que des habitants et le bourgmestre demandent à ce que la petite fille, désormais âgée de onze ans, soit mise hors de vue, pour soi-disant « ne pas continuer à inquiéter la population ».

Meryl dû alors continuer de grandir chez elle, éduquée par sa mère et son père, du moins surtout par des piles sans fin de livres. Elle apprenait plutôt vite, mais l’ennui finit rapidement par la gagner. Lire lui plaisait beaucoup, mais il était lassant de passer ses journées à ça, en voyant les autres enfants jouer dehors en riant. Le temps passait lentement, beaucoup trop lentement. C’est donc pour cela que pour ses douze ans, ils lui offrirent une grande harpe ouvragée, dont le haut de la colonne représentait une tête de dragon. Pour ce même anniversaire, son père lui avait forgé deux dagues d’argent, à la lame finement ciselée et gravée de motifs végétaux. Le premier présent était pour l’ennui, le second pour sa sécurité. La fillette jouait tous les jours, apprenant d’elle-même, parfois grâce à une tante qui était souvent réticente à l’approcher. Elle se mit alors à composer tôt des mélodies simples mais entraînantes. Quant aux deux armes, ce fut Caem qui lui apprit comment s’en servir. Le jeune garçon rêvait d’intégrer la garde royale, volant parfois des armes que son père forgeait pour s’entraîner avec. Il les rendait évidemment après utilisation, et s’être imaginé protégeant la famille royale des mangeurs d’âme. Meryl eut un peu plus de mal à apprendre à se battre que de jouer de la harpe. Elle finit par mettre en pratique tout ce qu’elle savait faire avec ses dagues quand Brian commença à emmener ses enfants avec lui pour chasser. Ce passe-temps qui la dégoûta la première fois finit par la fasciner. La Cadigan s’avéra assez rapide pour attraper des faisans, des perdrix ou des lapins à la main. Elle utilisait aussi une autre méthode, qui était de les effrayer avec des images de prédateurs, pour les faire courir dans sa direction. Elle n’avait qu’à attendre cachée et attraper la première bestiole venue pour l’abattre.

Quand elle eut quinze ans, la jeune fille dû choisir entre travailler à la ferme de la famille de sa mère ou bien à la forge, avec son père et son frère. Elle préféra le « travail des hommes », qui lui paraissait être le moins ennuyeux des deux. Au début, sa besogne se résumait à faire des têtes de flèches ou s’occuper de raviver le brasier où le métal était fondu. Caem, lui travaillait déjà depuis un moment à la fabrication d’armes comme de petites épées et des poignards. Sa sœur le jalousait, mécontente d’effectuer pour l’instant des travaux de souillon. Elle grognait souvent en travaillant, mais à force d’attendre, elle commença enfin à forger. C’était un travail dur et épuisant, mais le résultat rendait souvent fier, même s’il n’était pas souvent solide. En revanche, Meryl n’avait plus beaucoup de temps pour jouer de la harpe. Mais l’amour qu’elle portait pour cet instrument la poussait à jouer malgré ses mains fatiguées, parfois même pendant des heures.
Le travail à la forge finissait par lui plaire, et quand elle eut dix-huit ans, quelques-unes de ses fabrications étaient aussi belles que celles de son père.


CHAPITRE II : Le Renard Argenté.

Depuis quelques mois, Finnian Breslin venait souvent accompagné de son père, aux chasses organisées par Brian Cadigan. C’était un archer hors pair, capable de viser un lapin filant à vive allure à des distances incroyables. Il avait un visage doux, assez féminin, aux yeux étirés, d’un gris froid assortis à d’étranges cheveux longs couleur de givre. Les trois traits dessinés au khôl s’étirant de son œil gauche au haut de sa pommette n’étaient même pas choquants, allant de pair avec l’allure générale du jeune homme. La première fois que Meryl l’avait vu, elle avait pensé voir une jeune femme, mais sa voix la détrompa de suite. La seule chose qu’il avait en commun avec son père était cette chevelure blanche, qui n’était clairement pas due à l’âge. Si monsieur Breslin restait méfiant à l’égard de la jeune Cadigan, son fils était bien moins désagréable, lui souriant parfois, sans raison particulière. Ce genre de situation la gênait, trop rare pour l’indifférer. Cette présence rendait tout de même les parties de chasse plus amusantes. L’enchantée était assez pitoyable en tir à l’arc, ce qui ne manquait pas de faire rire le jeune Breslin. Elle restait néanmoins assez agile pour attraper quelques bestioles à la main, et les égorger avec une douceur presque affectueuse.

Vint un jour où Finnian engagea une vraie conversation avec Meryl, un petit sourire moqueur aux lèvres.

« Je vois que tu as quelques difficultés à t’améliorer à la maîtrise de l’arc. Peut-être que quelques leçons ne te feraient pas de mal. »

En voyant le regard rond et luisant d’étonnement de la jeune fille, son sourire s’adoucit et il précisa :

« Je m’en porte volontaire si tu le souhaites ».

Le silence, perdura quelques secondes. Il haussa un sourcil. Elle n’avait pas changé d’expression durant un certain temps, avant de lâcher, comme si elle était sonnée :

« Tu n’as pas peur ? Certains disent que je suis une sorcière tu sais. »

« Oui, ça je le sais, mais en revanche je ne comprends absolument pas de quoi devrais-je avoir peur. Peut-être ces dagues que tu caches bien mal dans tes manches depuis tout à l’heure ? »

Il avait manifestement jugulé un éclat de rire. Le jeune homme jugeait ridicule la réputation de monstre que les gens s’obstinaient à lui donner. Mais ce qui lui semblait encore plus abstrait était qu’elle avait visiblement fini par y croire elle-même. Elle n’avait visiblement rien d’une créature sauvage, hormis lorsqu’elle ployait sur des faisans pour les capturer. La surprise qu’il avait lu dans ses yeux lui avait plu, faisant naître un début de tendresse pour elle.
Le lendemain, aucune chasse n’était planifiée, mais ils s’étaient retrouvés à l’orée du bois pour l’entraînement prévu. Quelques cibles étaient installées sur des arbres, à distances différentes. Bien que la voix de Finnian restait calme, le ton était sec, presque semblable à celui d’un instructeur militaire.

« Déjà, tu tiens mal ton arc. T’es beaucoup trop tendue et tu utilises un doigt de trop pour tenir ta flèche. Ta position est mauvaise aussi. Tes pieds doivent être parallèles et tes hanches alignées. »

Meryl regardait le sol, tentant de se corriger de manière désordonnée. Elle avait déjà mal aux bras à force de rester immobile telle une idiote à écouter ses défauts de technique. Elle aurait pu être exaspérée par toutes ces critiques, mais elle se sentait tellement ridicule qu’elle n’osait prononcer un mot. Il avait claqué sa langue, comme agacé, mais son visage trahissait sans mal de l’amusement. Le jeune homme c’était approché, l’aidant à mieux tendre la corde, puis posa ses mains sur sa taille pour la déplacer de façon adéquate. L’enchantée eut un soubresaut, le sang lui montant aux joues. Elle s’efforça de viser la cible la plus proche, tira un peu précipitamment et l’atteignit, néanmoins assez loin du centre. Finnian eut un sourire auquel elle répondit difficilement.

« Pas mal, mais si c’était un lapin, il aurait fui depuis longtemps. »

Ils se voyaient de plus en plus souvent, s’entraînant un peu moins, parlant plus. Meryl commençait enfin à avoir un certain talent grâce à ce jeune professeur et le jour où elle put atteindre des cibles presque aussi précisément que lui arriva assez vite. Il restait néanmoins beaucoup plus vif et rapide, la force des années d’expérience ne pouvant être aussi vite égalée. La jeune fille n’avait pu cacher sa surprise quand au moment où sa flèche avait touché un oiseau en plein envol, il lui avait attrapé le menton, pour l’embrasser avec douceur. Elle en fit même tomber son arc. La Cadigan était restée un moment immobilisée, avant de pouvoir esquisser un premier mouvement, qui fut de ramasser l’arme avec air gêné.

« Le soleil se couche, je préfère rentrer. »

Elle était partie d’un pas pressé, mais ce qui était arrivé était loin de l’indifférer. C’était le genre de choses qu’elle avait cessé d’espérer depuis bien longtemps. Meryl sentit une bouffée d’air frais en elle, ayant comme l’impression qu’une partie du poids qui l’oppressait s’envolait.

Le prétexte du tir à l’arc n’était désormais plus qu’une façade pour n’inquiéter personne. Ils parlaient des heures durant, hésitant souvent à s’embrasser ou s’étreindre. Mais le sujet du don de Meryl n’avait pas tardé à arriver dans une conversation. C’était évidemment quelque chose qui intriguait chacun et Finnian, malgré son point de vue différent face aux enchantés, ne faisait pourtant pas exception à la règle. La question avait presque été posée avec innocence.

« J’aimerais voir ce qui les effraie tant. »

Elle avait compris immédiatement et s’était mordu la lèvre inférieure, réticente à répondre. Elle songea tout d’abord à se taire et s’en aller sans ajouter un mot, mais préféra s’exécuter sur l’instant. La jeune fille avait étendu son bras devant elle, paume vers la droite du visage du jeune homme. Elle passa sa main devant ses yeux, à une dizaine de centimètres, une fresque aérienne se déroulant du bout de ses doigts. La scène représentait un renard argenté courant sur une montagne rocheuse, qui sautillait avec grâce pour capturer un écureuil. L’image mua plusieurs fois, pour représenter la mer, puis un paysage neigeux. Revint le dessin du renard, qui s’agitait en montrant les crocs.

« Ce don est inutile, ridicule et fait pourtant de moi un monstre. Ironique n’est-ce pas ? »

Le regard tendre de Finnian la poussa au silence. Il allait sans dire que ce qu’il venait de se passer l’avait quelque peu fasciné, mais il s’attendait à quelque chose d’évidemment plus impressionnant. Il l’avait cependant prit dans ses bras, lâchant d’un ton désabusé :

« Leur crainte aveugle n’a d’égal que leur bêtise. »

Depuis qu’elle le connaissait, elle s’était efforcée de sortir un peu de chez elle, redécouvrant avec lui le bourg, malgré quelques coups d’œil haineux qu’elle put croiser. En retour, elle l’amenait souvent sur les bords du lac Songeur, bien que les temps étaient plutôt venteux. Meryl avait aussi une nouvelle personne à qui faire apprécier ses morceaux de harpe. Elle s’était souvenue de la dernière fois où elle avait joué la fenêtre ouverte. Une vieille harpie avait lancé la tête de l’oie qu’elle était en train de vider, dans sa chambre. En quelques mois à peine, elle eut l’impression d’une existence plus juste. La vie se faisait enfin plus agréable, digne d’être savourée.
Le bonheur ne durait jamais bien longtemps pour Meryl. Il était pour elle aussi périssable qu’un fruit aussi délicieux qu’éphémère, pourrissant en quelques jours.

Elle et Finnian s’étaient un jour redonné rendez-vous sur les rives du lac. Le temps était pour une fois au beau fixe. Pressée, elle était arrivée en avance, faisant les cent-pas durant quelques minutes avant de s’assoir finalement sur un rocher pour observer l’eau calme. La jeune fille attendit deux heures durant, avant de repartir, enragée. Elle marchait d’un pas lourd et rapide, les dents serrées. Lorsqu’elle revint au village, l’ambiance était étrange. Les gens s’arrêtaient en la voyant, d’autres changeaient de chaussée. Des dizaines de paires d’yeux la regardaient, avec chacun une même lueur haineuse. Jamais leur attitude n’avait été aussi terrible. La Cadigan se sentit frissonner, et avança jusque sa ruelle, quand une jeune femme en furie s’était jetée sur elle, la plaquant au mur. Morrighan Breslin. Elle n’avait croisé la sœur de Finnian que peu de fois, et ne lui avait pas parue plus agressive qu’un autre. Mais cette fois ci, elle avait l’air furieuse, prête à lui arracher la gorge avec les dents s’il le fallait.

« Ordure ! Tout est de ta faute ! Va pourrir en enfer avec tes mangeurs d’âme ! »

Meryl déglutit, essayant de se dégager lentement, tout en commençant à faire glisser une dague attachée dans sa manche jusqu‘à sa main. Elle eut un petit sourire cynique, et pesta d’une voix venimeuse :

« On ne m’avait jamais fait ce coup là. Tu comptes m’assassiner en pleine rue ? »
« Tais-toi ! Comment peux-tu oser dire une chose pareille ? Finnian est mort par ta faute ! Tu étais en train de converser avec des disciples de Mammon, n’est-ce pas ? Mon frère est parti, en disant qu’il devait te rejoindre et a été retrouvé mort sur la route, comme un chien. »

La nouvelle la frappa tant, qu’elle ne songea même pas à éviter le poing qui fusa sur sa tempe. Elle vacilla un peu, avant de regarder son agresseur dans les yeux, un léger filet de sang coulant sur son visage. Elle croyait à peine à ce qui venait d’être dit, mais parvenait mal à reprendre son souffle. Toutes les choses qui lui avaient été agréables, qui lui avaient construit un peu de joie récemment, venaient de s’écrouler en l’espace de quelques secondes. Ne cherchant plus à se cacher, elle empoigna sa dague, attrapant Morrighan au col en menaçant sa carotide. La jeune femme ne se défendit pas, lâchant seulement un rire amer :

« Tu es bien idiote en plus de cela. Tu as déjà causé la mort de quelqu’un. Si en plus tu tuais une autre personne, crois-tu vraiment qu’on te laisserait vivante ? Ta vie tenait déjà à un fil. Il est désormais élimé. »

Meryl la lâcha brutalement, la laissant tomber au sol. Son vis-à-vis voulu rajouter une phrase, mais elle la poussa à se taire, d’un coup de pied au visage. Elle ne se retourna pas, et poussa la porte de chez elle.
Elle n’avait adressé de regard ni à ses parents, ni son frère, fous d’inquiétude. En apprenant le décès de Finnian, par le père Breslin, ils avaient supposé qu’il était aussi arrivé quelque chose à leur fille. Mais bien évidemment puisque personne dans le village ne s’en soucierait, ils seraient tout de même restés sans nouvelle, ou bien seuls des échos funestes aux voix enjouées auraient été entendus. La demoiselle avait pris son arc, des flèches et était partie.

Le silence régnait, la nuit n’allait pas tarder à tomber. Elle n’avait encore rien tué, mais le silence l’apaisait. Dans l’ombre des arbres s’agita soudain une tâche blanche. Meryl avait tendu la corde de son arc, regardé l’animal dans les yeux et tiré une flèches, dans son crâne. La jeune fille ramassa le renard blanc qu’elle venait d’abattre et rentra enfin chez elle, les yeux humides.


CHAPITRE III : La fille damnée.

Une nuit durant elle joua de la harpe, sans s’arrêter. Elle ne pleura pas, ne cria pas. C’était une douleur sourde, qu’elle nourrissait par la musique pour la rendre un peu plus douce. Au petit matin, elle n’était pas fatiguée, juste meurtrie. L’enchantée regarda le cadavre de renard qu’elle avait laissé près de son lit sans savoir ce qu’elle allait en faire et décida finalement de quitter sa chambre. Ses parents étaient déjà levés, elle s’efforça de leur sourire, fadement. Tout à coup, une série de frappes violentes résonnèrent sur la porte. Un brouhaha se faisait de plus en plus présent à l’extérieur. Caem parti ouvrir la porte, faisant face au bourgmestre Haldane.

« Si tu t’écartes, nous ne te ferons rien. Seule ta sorcière de sœur est visée »

Il ne fit que croiser les bras, avec un sourire mauvais, apparemment bien décidé à ne pas bouger.

« C’est pas dans mes habitudes de livrer ma propre famille sur un plateau d’argent à des cinglés assoiffés de sang »

Il n’eut pour réponse qu’un grognement, avant de se faire brutalement pousser en arrière. L’édile s’invita dans la demeure sans prévenir, allant chercher lui-même Meryl par les cheveux. Il la força avec brutalité à le suivre, tirant en manquant de lui arracher le cuir chevelu, pour ensuite la faire sortir de la maison. Elle se retrouva alors au milieu de villageois braillant, qui se contenaient tous pour ne pas commettre un massacre. Elle était perdue, ne sachant que faire face à tant de personnes. La jeune femme se résigna finalement à rester digne, debout et droite comme un piquet en fixant férocement dans les yeux chacun des agités qui l’observaient avec haine. Les cris étaient baignés de paroles cruelles, auxquelles elle essayait de rester sourde. Le bourgmestre ne fit qu’envenimer les choses avec des déclamations visant à agiter un peu plus l’agressivité de la masse humaine.

« Elle n’est qu’un monstre ! Nous allons tous mourir par sa faute ! Les mangeurs d’âmes sont attirés par son aura écœurante. Ils nous tueront un par un parce que nous cachons une de ces maudites enchantées ! »

Il était si facile d’engendrer la brutalité par de simples mots. Aucun effort n’était nécessaire pour qu’ils le suivent.

« Qu’on la brule ! »

« Décapitons la, c’est plus sûr. Elle serait surement capable de courir enflammée pour incendier tout le village ! »

« Mieux vaut la donner vivante à manger aux cochons, ils nous débarrasserons entièrement de cette sorcière »

Elle ferma les yeux, et se mordit la lèvre inférieure, réfléchissant au mieux à un moyen pour fuir. Une voix familière la fit sursauter, habituée à l’entendre douce et tendre, elle était maintenant emplie de haine et de révolte :

« Vous êtes complètement fous ! »

Sa mère, à peine plus impressionnante qu’elle, était sortie, suivie de son mari et son fils, s’immiscent dans la foule sans aucune peur.

« Je ne vois ici qu’un non-sens. Des hordes en furie s’alliant contre une jeune fille innocente. Traitez la donc de monstre, mais les plus sains d’entre nous reconnaîtront qui sont les plus inhumains dans cette histoire. »

L’édile eut un regard méprisant, mais l’avait écoutée. Il l’observa un instant, avant de demander, non sans cynisme :

« Eh bien, madame Cadigan, il est bien beau pour une mère de vouloir protéger son enfant. Mais si elle met en danger une centaine de personnes en restant en vie, n’est-ce pas égoïste que de réagir ainsi ? Proposez donc une solution alternative qui nous est à tous favorable, si vous vous souhaitez tant sauver votre fille. »

Cela eut l’effet d’une douche froide pour Eireen. Elle baissa le regard, en serrant les dents, luttant contre ses yeux qui s’humidifiaient. L’homme eut un sourire cruel.

« C’est bien ce que je pensais. »

Meryl se sentait coupable. Le pire était surement que tout ce que disaient les villageois ne pouvait pas être contredit. Elle aurait voulu faire manger son poing au bourgmestre, mais si c’est pour se faire étriper elle et sa famille par une foule enragée, cela n’en valait pas tellement la peine. Le brouhaha reprenait de plus belle, quand la voix forte de son père brisa tous les échos du chahut.

« Assez ! Il suffirait tout simplement de la laisser vivre dans cette maison loin de votre stupidité ! Qui a-t-elle dérangé durant toutes ces années avant l’accident ? »
« Insinuez-vous que si votre fille reste sagement chez vous, rien ne pourra arriver ? Vous êtes bien ignorant. Ce ne sont pas les vulgaires murs d’un foyer qui empêcheront des mangeurs d’âme de la repérer. »
« Vous êtes fou à lier, Haldane »
« Mais pas assez pour laisser vivre un danger public parmi nous. Mais si préférez la voir prisonnière, peut-être pouvons-nous avoir un arrangement. Dites-moi, Cadigan, savez-vous forger de solides chaînes ?»

La sentence fut discutée pendant plusieurs minutes, entre la famille Cadigan, l’édile Haldane et les villageois. Il en fut conclu une sentence cruelle, mais qui évitait la mort à Meryl. Du moins, directement. Le sourire qu’arborait le bourgmestre en annonçant la condamnation finale donna la nausée à la jeune femme et ses parents.

« Au nom des villageois d’Aisling, moi, Keir Haldane, déclare que Meryl Cadigan sera contrainte à la captivité dans la forêt Geignarde. Elle sera enchaînée à l’arbre centenaire près de l’étang. Libre à sa famille de rendre sa sentence plus douce, mais si elle venait à être libérée, ce sera la mort pour tous. »

Elle eut l’impression de se faire arracher le cœur vivante. Même si sa condamnation lui paraissait cruelle, ce n’était rien face ce dont elle venait prendre conscience. Elle se rendit compte du mal qu’elle faisait autour d’elle, en repensant à Finnian, mais surtout en voyant son père prendre dans ses bras sa mère en larmes. Quant à son frère, il leur tournait le dos, visiblement hors de lui.

La jeune femme fut amenée à sa prison à ciel ouvert. Un grand arbre et un petit plan d’eau ombragé. Elle aurait pu trouver l’endroit joli si elle n’avait pas à y rester toute sa vie. En attendant que Brian Cadigan finisse de forger la chaîne qui lui avait été demandée, elle attendait avec Eireen, les mains liées par une corde et surveillée par deux brigadiers habituellement assignés à la sécurité de plusieurs villages aux alentours. Meryl s’efforça de sourire à sa mère, fadement mais en espérant pouvoir un peu la réconforter :

« Ne te sens pas responsable de tout ça, je t’en prie. »

Les mots étaient faibles, peu convaincants, elles attendirent finalement dans un silence de mort.

A l’aube, le forgeron était arrivé, accompagné de quelques ouvriers. Ils avaient amené une longue et épaisse chaine d’une dizaine de mètres de long. Elle semblait fabriquée à partir d’un métal solide et lourd. Elle fut fermement fixée à l’arbre, à l’aide d’anneaux et de pieux, si bien que même un taureau enragé n’aurait pu l’arracher. Puis, la Cadigan fut attachée, son pied entravé à la chaîne et scellé à clef. Haldane récupéra celle-ci et s’en alla, laissant la demoiselle à son sort.
Elle ne fut pourtant pas abandonnée pour autant. Sa famille promit de lui apporter de la nourriture au moins une fois par semaine, et les temps commençant à se faire froids, Caem vint lui construire un abri, petit mais confortable. Elle put y aménager une couche et un âtre. En revanche, se laver restait plus inconfortable, étant contrainte de se baigner dans les eaux gelées de l'étang. Son frère revint encore un autre jour, cette fois-ci pour lui apporter sa harpe, son arc et ses dagues. Durant plusieurs semaines, elle vit sa famille venir de temps en temps, mais les visites se firent de plus en plus rares, se résumant au final à des ravitaillements hebdomadaires. Meryl connu de nouveau l’ennui, mais le faisait passer en jouant.

Un jour, Caem vint, la mine plus sombre qu’à son habitude, un sac sous le bras. Il salua sa sœur en l’étreignant. Elle pressenti quelque chose de mauvais et le regarda dans les yeux en attendant qu’il lui dise quelque chose.

« Je quitte Aisling pour Calandine, afin d’y trouver un travail. Mon départ est pour demain. »

Meryl ouvrit des yeux ronds avant d’hausser un sourcil.

« Tu ne restes pas à la forge de papa ? »
« Je préfère m’en aller de ce fichu village avant qu’il ne soit trop tard. Tu sais, depuis que tu es ici, tout est pire. Maman n’arrive à vendre plus rien au marché, et elle ne peut pas cultiver sous peine de se faire insulter par les paysans. Quant à papa, il n’a rien à craindre, seuls des étrangers achètent ses armes. Reste à espérer que personne ne soit assez borné pour aller lui causer des problèmes. »
« Je suis désolée »

Il eut un sourire espiègle.

« Tu n’y es pour rien, tout est de la faute de Keir Haldane. Qui sait, peut-être que je pourrais devenir garde royal avec un peu de chance et j’irais lui foutre la raclée du siècle. Ah et tiens, on a fait ça avec le renard qu’on a trouvé dans ta chambre. Il commence à faire vraiment froid, ça pourrait t’être utile.»

Il lui tendit une étole de fourrure blanche, qui se liait autour du cou par un ruban écarlate. Elle le posa sur ses épaules, et répondit la gorge serrée :

« Merci infiniment. Tu vas me manquer. C’est assez dur de rester ici. Je pense beaucoup, trop même. Je ne sais même pas si cela vaut la peine de rester ainsi telle une bête dangereuse. Pour l’instant je songe, au passé, au présent et à ce faible avenir. Un jour surement je me satisferais de tout ça : jouer de la harpe seulement pour le vent, et m’assoir près de l’eau autant que ma chaîne me le permet. Un jour, peut-être qu’elle me rongera tellement la cheville que je pourrais fuir. »
« Meryl, sais-tu pourquoi les oiseaux en cage chantent encore ? Réfléchis plutôt à cela la prochaine fois que tu toucheras à ta harpe, au lieu de te mettre ces sales idées en tête»

Il lui embrassa le front, avant de tourner les talons, sans se retourner.

Après le départ de Caem, les jours se firent plus longs. Sa mère revint une fois avec des vivres, elle avait l’air fatiguée et lasse. En voyant son visage, elle eut l’impression qu’elle avait plus vieilli en quatre semaines que dix ans. Toutes les questions que Meryl lui posa furent détournées. Eireen affirmait que tout allait bien, mais le mensonge était flagrant, se lisant dans ses yeux.
Après cette visite, plus rien. La nourriture et l’eau vinrent à s’épuiser. La jeune femme s’inquiéta pour sa famille et son propre sort. Elle parvint à capturer quelques animaux pour se nourrir et pu trouver quelques buissons de baies autour de son abri, mais l’eau de l’étang la faisait vomir. Elle ne pourrait pas survivre encore bien longtemps ainsi.

Le pire n’était pas la souffrance physique, qui venait tout juste d’apparaître, mais la torture mentale que s’avérait être sa sentence. Le fait d’être seule et de n’avoir rien en particulier à faire la poussait à penser, méditer. Et plus elle réfléchissait, plus sa haine pour les habitants d’Aisling grandissait. Et avec la haine naissait le désir de vengeance. Elle se demandait comme leur faire payer le sort qu’ils lui infligeaient, cette vie qu’ils avaient gâché. Elle se demandait même parfois si finalement si cela n’aurait pas été mieux s’ils l’avaient tuée immédiatement. La jeune femme songea à faire fuir ses parents du village, pour ensuite le brûler sans aucune pitié. Ou bien aller assassiner de ses propres mains Keir Haldane. Ou peut-être même tuer un ou deux villageois par jour. Tuer le bétail pour les effrayer était aussi une idée à envisager. Mais devenir mangeur d’âme semblait aussi être une bonne affaire.

L’autre réflexion qui l’obsédait était les vies qu’elle avait détruit sans même le vouloir, à cause d’un don stupide. Celle de ses parents, qui l’avaient élevée avec soin et amour pour finalement être aussi mal considérés qu’elle. Son frère qui l’avait protégée toute son enfance, qui quittait finalement le village pour la capitale à cause de la pression. Mais le pire était surement Finnian, son seul amour, cette personne qui se moquait royalement de ce que tout le monde pensait d’elle. Le plus cruel était que c’est en le perdant qu’elle s’était réellement rendue compte de la tendresse qu’elle avait pu éprouver pour lui.
Sa situation la déprimait, entre le désir de revanche, et le regret, elle sentait son âme mourir en même temps que son corps.
Aujourd’hui la faim la tenaille. Ses lendemains sont incertains. Jamais elle ne s’est sentie aussi abandonnée, si proche de l’état d’un animal délaissé et relâchée à l’état sauvage.

Les oiseaux en cage chantent, car ils sont inconscients du pathétisme de leur situation.
.......................................................................................................................................................................Famille ;

Brian Cadigan
Brian est un nom Celtique qui peut se traduire par "autorité".
Père. Probablement vivant. Forgeron du village, il est tellement réputé que beaucoup n'hésitent pas à traverser une partie du pays pour se procurer un de ses sabres. Il possède une technique transmise de génération en génération, probablement antérieure à l'arrivée de ses ancêtres sur Calandine. C'est un homme assez bourru, irritable et ayant un humour assez lourd, mais restant tendre avec sa famille. Il est avant tout un artisan passionné, donnant toute sa force dans son travail. En ce qui est de sa fille, il est exaspéré par l'importance que tout le monde donne à cette situation. Mais il n'a jamais hésité à distribuer des coups de poings quand la situation devenait trop envenimée.
Eireen Cadigan
Forme Irlandaise de Irène, qui veut dire "Paix"
Mère. Probablement vivante. Une douce femme que voilà. Souriante, délicate et une bonne mère. Elle vend les fruits et légumes produits par ses frères et soeurs, ainsi que ses parents, sur le marché. Elle a toujours été tendre avec ses enfants, mais intransigeante sur leur éducation. Elle n'a jamais compris pourquoi le village haïssait autant sa fille. Depuis sa naissance, sa famille a commence à mettre des distances avec elle, de peur d'être trop mêlés à son enfant. Les récents évènements l'ont affaibli et Meryl ne sait toujours pas pourquoi elle ne vient plus la voir.
Caem Cadigan
Caem est un prénom Irlandais très usité signifiant "doux"
Frère. Vivant. Rieur, un peu farceur sur les bords. Il a un don pour amuser ses proches. Finnian a surtout quelque tendances à faire des idioties, généralement sans grande conséquences, mais bien souvent agaçantes. Il sait cependant se montrer sérieux et déterminé. Il a toujours protégé sa soeur, et sa situation de mouton noir du village ne l'a jamais empêcher de l'aimer. Il est récemment parti d'Aisling, écoeuré par tout ce qu'il s'y est passé. Il abandonne son apprentissage de forgeron auprès de son père pour rejoindre la capitale. Il disait vouloir devenir garde royal, mais personne ne sait si sa volonté sera un succès.
Finnian Breslin
Finnian vient de "Finn", mot pouvant se traduire par "blanc" en Irlandais.
Petit ami. Décédé à l'âge de 20 ans. Fils de Muireall et Oanez Breslin, les tenanciers d'une petite auberge appelée "Le bout du Monde". Chasse à l'arc depuis son enfance dans la forêt geignarde. Il a longtemps été voué à reprendre l'auberge avec sa soeur aînée, Morrighan, mais avait projeté de partir pour la capitale, afin de voir ses horizons s'élargir. Sa rencontre avec Meryl a ralenti son projet de départ. Légèrement plus âgé qu'elle, il a commencé à éprouver une tendresse fraternelle pour elle, avant d'en tomber amoureux. Il avait eut tout d'abord du mal à la cerner, la trouvant assez froide dans leur relation. Ce n'est que lorsque tout était enfin stable et qu'il avait décidé de lui demander de partir d'Aisling avec lui qu'il a été tué, visiblement par de la magie; Beaucoup disent qu'un mangeur d'âme l'aurait assassiné, en vue de la gratuité du meurtre.



amertume poivrée



Appelez moi Sumire ou Nao. Aucun des deux n'est lié à mon prénom, 'cherchez pas. Habituée à jouer des psychomassacreuses, ça va être fort étrange d'incarner Merylounette. 17 ans, tape du pied en attendant les 18. Je dessine mal, j'écris mal, je joue mal de la guitare, mais j'aime répandre mon art tout moche partout. J'aime aussi répandre ma bêtise et mon sadisme gentillet un peu partout, mais ça c'est un détail. Souffrez bien. ♥
    CODE s'iou plaît : {Validé par j'sais plus qui mais un tout puissant @ de toute manière.}




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Jester Sullyvan


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MessageSujet: Re: Meryl Cadigan Sam 3 Déc - 16:07

C'est quoi ce bordel.
Genre j't'ai pas souhaité la bienvenue. Honte à moi.

BIENVENUE, QUICHASSE DE MES DEUX.

Et dépêche toi de mettre des images pour égayer ta fiche avec ta sale face de redhead. B)
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MessageSujet: Re: Meryl Cadigan Sam 3 Déc - 16:14

Eh, oh, du calme mon chou, laisse moi respirer un peu hein ! D8
Occupe toi plutôt de ta fiche, admin indigne !
Mais sinon merci quand même. ♥
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Jester Sullyvan


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MessageSujet: Re: Meryl Cadigan Ven 9 Déc - 17:15

Je suis... ému. La première fiche terminée du forum. Enfin. Non, je n'pleure pas, c'est faux.

Bref, mis à part quelques problèmes de syntaxe pas trop fréquents et sûrement dus à la fatigue, j'aime beaucoup ton personnage. Ca va m'faire un joli souffre douleur tout ça. Héhéhé.

Tu es donc validée ! Félicitations, sortons les confettis, blablabla. Maintenant, tu t'motives pour nous faire des jolis Rp hein ? 8D


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MessageSujet: Re: Meryl Cadigan Ven 9 Déc - 17:27

Owi validée par Jesty, j'en frétille. Quel honneur d'être la première.
Mais pour pondre de jolis RP, faudrait déjà que les autres se motivent à finir leur fiches eux aussi. 8D
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MessageSujet: Re: Meryl Cadigan Ven 9 Déc - 17:47

    Tu as fais une jolie fiche Meryl ! Je suis fier. Ouech. Tu fais partie d'la famille... des Enchantés... *larme à l'oeil*
    Ouininin... C'trop beaaaaaau. ;__; J'suis heureux. Mais... t'es sous mes ordres. Hehehehe. T'vas en chier..

    Sinon, pour faire dans l'usage des convenances..

WELLCOME ! ♥
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MessageSujet: Re: Meryl Cadigan

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Meryl Cadigan

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