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Deora an Oighir

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MessageSujet: Deora an Oighir Mar 27 Déc - 23:18

Les pâles rayons du soleil l’avaient réveillée, perçant au travers de l’encadrement de la porte. Il restait des braises dans l’âtre, laissant une certaine tiédeur dans l’abri. Mais l’hiver commençait à se faire vraiment froid, et la chaîne empêchait d’être complètement isolée de l’extérieur. Meryl soupira, lasse, hésitant à se lever un moment, avant de se redresser lentement, prenant garde de ne pas se cogner à sa harpe, rangée à côté de sa couche. Plus le temps passait, plus elle trouvait cette cabane petite. Enfin, quand on savait qu’elle avait été construite avec précipitation, il valait mieux se réjouir de sa solidité plutôt que de se plaindre de sa taille. Il était tout de même préférable de dormir avec un toit plutôt que dehors.
Sa cheville lui faisait mal, irritée par le bracelet de fer qui lui frottait la peau. La lourde chaîne n’arrangeait en rien la douleur. Elle se sentit presque désespérée à l’idée de se laver, mais s’abstenir d’un bain un jour de plus lui ferait horreur. La jeune femme se souvenait de la dernière chose qu’elle avait demandé à sa famille pour adoucir sa captivité : une bassine, pour la remplir d’eau chauffée et enfin pouvoir se laver sans angoisse. La faim la tenaillait aussi, mais elle verrait cela plus tard. L’enchantée s’était déshabillée avant même de sortir, histoire que le froid soit plus progressif, bien qu’éternellement cruel. Elle faillit rentrer de nouveau en voyant la neige qui tapissait certaines parcelles du sol. L’air glacé allait l’affaiblir, mais l’eau gelée allait la tuer. Le fait de savoir qu’elle n’avait absolument rien à perdre à faire cela la motiva presque. Elle était ridicule, à marcher nue dehors jusqu’à cet étang, qui était alimenté par une source lui permettant d’avoir une eau assez limpide. Meryl avait déjà bien froid quand elle dû rentrer dans l’eau. Elle manqua d’ hurler en plongeant sa première jambe, et couina en y entrant le reste de son corps. C’était insupportable, tant cela lui donnait l’impression qu’elle allait rester figée par le froid. Non sans conscience qu’elle allait finir par attraper la mort en prenant des bains hivernaux, elle s’immergea complètement, sa peau commençant à s’anesthésier. La jeune femme se lava soigneusement, avec un savon qui vivait probablement ses derniers instants. Plus elle était minutieuse, plus elle pourrait se permettre de reporter cette torture à plus longtemps. Une fois chose faite, elle s’était précipitée, autant qu’elle put, jusque son abri. Elle s’était enroulée dans un drap, ses dents claquetant, ne bougeant presque plus. L’enchantée ferma les yeux en lâchant un long souffle découragé.
C’était déprimant de savoir qu’elle allait devoir finir sa vie ici. Impossible d’espérer qu’elle allait passer l’hiver ici. Les proies se faisaient trop rares et les températures trop basses. Restait plus qu’à estimer si la faim ou l’hypothermie l’aura en premier. Ce genre de réflexion était quotidienne pour Meryl et rares étaient les instants où elle pouvait s’empêcher de penser de la sorte. Seule la harpe lui permettait de s’isoler et de se vider l’esprit. Oublier la rage, le désespoir, le pathétisme de sa situation. Sa vie au village lui manquait, ce qu’elle n’aurait jamais osé penser au début. Elle s’était presque faite à l’idée qu’elle était abandonnée. C’était probablement la fin. Autant attendre dignement. L’espoir ne nourrit pas, l’espoir ne réchauffe pas. Il vous rend simplement bien plus ridicule et naïf. S’illusionner n’engendre que des souffrances inutiles.
L’enchantée s’était habillée chaudement et réchauffée auprès des braises. Une robe épaisse, plusieurs couches de jupons, un chapeau et sa capeline en peau de renard. Ses pieds en revanche étaient impossibles à chausser à cause de ses liens de fer. Elle empoigna sa harpe et un tabouret pour les sortir dehors, la place n’étant largement pas suffisante pour jouer à l’intérieur. Après s’être baignée dans un étang gelé, l’air paraissait presque doux. Ses doigts restaient encore un peu engourdis, mais elle s’était tout de même assise et avait commencé à jouer une mélodie lente et mélancolique. Les notes tombaient au rythme de la neige. Son âme lui paraissait plus légère et seule la musique occupait son esprit. Elle en oublia alors la faim qui tordait son ventre et l’air glacé lui mordant le visage. Les yeux fermés, elle murmurait des paroles incompréhensibles, dans une langue oubliée. Sa voix était douce, bien qu’un peu cassée par la fatigue, légère et parfois fluette sur les notes les plus hautes.

Deora an oighir.
Cad a pian fuar.
A laochra misniúil ar an urlár.
An claíomh oighear i gcroílár.


Elle aurait probablement pu jouer ainsi durant des heures, voir entrer en transe. Mais sa tranquillité fut perturbée. Meryl avait entendu le craquement des pas sur les feuilles et on estomac la rappela à l’ordre. Avec un peu de chance, il s’agissait d’un chevreuil et elle aurait de la nourriture pour toute la semaine à venir. Hors, lorsqu’elle se concentra, elle s’aperçut qu’il s’agissait d’une silhouette humaine. La jeune femme s’était levée d’un bond, fixant la personne qui approchait avec des yeux ronds et perçants. Des tonnes d’interrogations, d’espérances, mais aussi de craintes envahirent ses pensées. Est-ce qu’elle le connaissait ? Elle pria pour que ce ne soit pas un habitant d’Aisling. Avec un peu de chance, ce n’était qu’un voyageur un peu perdu. Peut-être qu’il avait de la nourriture, de l’eau ou même des nouvelles. En revanche, l’idée qu’elle puisse être libérée était impossible à imaginer. La chaîne était trop solide et à moins d’être un maître dans l’art du crochetage, cette serrure ne cèdera jamais. L’enchantée ne bougeait plus, regardant l’individu approcher en gardant un silence et un stoïcisme presque effrayant. En réalité, elle ne savait pas du tout comment elle devait agir.
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Jester Sullyvan


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MessageSujet: Re: Deora an Oighir Jeu 29 Déc - 1:44


Je n'avais jamais réussi à rester au même endroit plus de deux jours d'affilé. C'était d'autant plus vrai lorsque l'endroit en question était le manoir de Mammon, sombre et menaçant, servant de repère aux mangeurs d'âmes, me servant de prison aux murs de verres, cruelle bâtisse me laissant aspirer à une liberté inatteignable. Tout le monde s'y sentait un peu mal à l'aise mais ce sentiment chez moi était exacerbé. La présence de Mammon, invisible mais pesante, celle d'Alejandro, plus oppressante encore, et les chants que chaque Mangeur émettait, m'obligeant à ressentir et deviner leur vie, leur cruauté ou leur peur. L'ensemble formait comme une gangue gluante qui m'immobilisait peu à peu, me coupait la respiration et envenimait mon esprit. Cet endroit était bien le dernier où je mettrais volontairement les pieds, même s'il s'agissait d'empêcher ma mort. Et voilà qu'on m'ordonnait d'y rester un mois. Alors j'avais fuis, comme souvent. Ce n'était pas très dur et il était hors de question qu'il en soit autrement. Le ciel était d'un bleu limpide au dessus du désert crieur, comme seul le sont les ciels d'hiver. Les premières neiges ne devraient pas tarder à tomber sur la capitale. Ici, le désert se contentait d'un air froid et sec, bousculé par des lames de vent glaciales. Je mis plusieurs jours à le traverser et le vent tomba lorsque j'arrivai aux plaines qui marquaient la limite entre l'étendue sèche et les marécages humides. Le voyage pouvait sembler long mais à mes yeux, il serait toujours bien trop court. Je connaissais cette île de fond en comble, l'avait sillonnée de long en large. Elle n'était rien d'autre qu'une cage gigantesque, cerclée par les mers. Quel que soit le chemin, les détours et les tentatives d'évasion, ma route menait toujours à cette étendue d'eau infinie. C'était agaçant. Et il n'y avait rien à atteindre, de l'autre côté de l'horizon. Calandine était suffisamment grande pour convenir à ses habitants, juste assez petite pour m'enfermer. Essayer de garder la raison lorsqu'on l'avait compris était et est toujours l'un des plus grands défis que j'eus à surmonter. Alors je me contentais de ça. De ces piètres êtres vivants, de ces arbres tous semblables et de ce désert, de ces plaines minuscules et de ce marécage boueux qui s'étendait à mes pieds. Je le traversai rapidement, deux jours à peine, ignorant les brumes fantomatiques et les chants des habitantes qui s'y cachaient. Les sorcières du marécage Marabou avaient un chant discordant et crispé pour la plupart, autour duquel s'articulait ensuite la mélodie de leur être. C'était un son déstabilisant et aussi désagréable qu'effrayant.
Puis, enfin, la forêt Geignarde se dressa devant moi. J'aimais cette forêt pour deux raisons très simples. Elle était grande, couvrant de ses cimes plus de la moitié de l'île. Et elle était gardienne de mystères en évolution perpétuelle. C'était la partie la plus intéressante de cette dimension et elle avait le mérite de me faire oublier ma morosité et mon irritation grâce à ses secrets et ses bizarreries. Outre l'arbre d'or et autres endroits emplis d'une magie défiant l'imagination, elle recelait de nouveaux phénomènes étranges à chaque passage que j'y faisais. Sans compter que ce lieu était d'une majesté qui forçait le respect et le repos de l'âme. J'en arrivais donc à trois raisons, finalement. Et j'en étais là de mon énumération lorsqu'il se mit à neiger. L'air était froid et le ciel blanc illuminait même les sous bois. Je ne m'étais pas trompé, il y aurait bientôt un paysage blanc et immaculé sur Calandine. Les flocons bruissaient autour de moi, s'accrochant au sol avec ténacité. Ce dernier ne tarda pas à blanchir sous mes pas, qui faisaient craquer quelques feuilles et branches dans le silence de la forêt. Un silence propre aux jours de neige, épais et duveteux. Je le rompis en sifflant un bref instant, des notes claires et hautes, appelant à moi une brise tiède qui m'enveloppa. Ma tunique de lin, noire et légère, ainsi que mon pantalon tout aussi léger se mirent à onduler autour de moi et je ne tardai pas à me réchauffer. Je repris ma marche plus calmement, m'enivrant de cette absence de sons purs, à l'exception du vrombissement violent d'une chute d'eau au loin.
Ce si délicieux silence. Si rare pour moi, condamné à ne plus pouvoir être en compagnie des autres sans entendre toute leur histoire. A la longue, c'était épuisant. Je n'aimais pas spécialement le voyeurisme de mon don, vu mon penchant pour les secrets bien gardés. Mais je n'avais pas vraiment le choix. Alors je vénérai quasiment ces instants loin de tout signe de vie humaine. Il y avait un village dans cette partie de la forêt mais il était bien plus au sud et je ne craignais pas de croiser l'un de ses habitants aussi loin au nord de leur territoire habituel. A moins qu'ils n'aient migré et que...
J'arrêtai brusquement le fil de mes pensées pour me figer, fléchissant mes genoux par reflexe pour adopter une pose favorable aussi bien à l'attaque qu'à la fuite. Je restai ainsi un instant, pensant avoir rêvé, mais le bruit revint, porté par le vent. Un instrument à corde. Une harpe. J'en étais presque sûr. Ce dont je l'étais moins, c'était de la nature de la mélodie. Il ne devrait pas y avoir âme qui vive par ici, ce n'était pas normal.
Quittant ma posture, je me redressai avec méfiance et me dirigeai vers l'origine de la musique qui s'intensifiait peu à peu. Et bientôt, un autre air vient se mêler à celui de l'instrument. Celui d'un humain. D'une humaine, plus précisément. Je m'arrêtai. Je n’avais pas envie d’être à nouveau sous l’emprise de mon don alors que je venais enfin de gagner une terre drapée dans le silence dru et neigeux. Mais d’un autre côté, ma curiosité venait d’être piquée à vif. Que faisait une femme aussi loin de toute zone habitée ? Quel autre mystère avait encore inventé cette forêt ? Que cachait-elle entre ses arbres ? C’était trop tenant pour moi. J’avançai donc de nouveau vers la joueuse de harpe, intégrant peu à peu son histoire, ses craintes et ses espoirs à mesure que je me rapprochais. Et je me mis à sourire en remerciant la forêt d’avoir mis un être si intéressant à ma disposition. J’aperçus sa silhouette et celle de sa médiocre cabane au travers du rideau de neige et je sus qu’elle m’entendit arriver, elle aussi, lorsqu’elle cessa de pincer les cordes de sa harpe. Préférant éviter de l’effrayer plus que nécessaire, je jugeai inutile de me cacher plus longtemps et marchai doucement jusqu’à elle. Elle ressemblait à une biche aux abois, prête à bondir loin de moi en un éclair. C’aurait été regrettable. Je m’accroupis donc à une faible distance, face à elle, lui adressant un sourire avenant, et lui parlai avec calme :

« Bonjour Meryl. »

Comme elle ne réagissait pas, complètement paralysée par mon apparition et d’autant plus par le fait que je connaisse son prénom, je me redressai et m’approchai encore un peu, m’autorisant à me pencher vers elle pour prendre l’une de ses mèches de feu rougeoyante entre mes doigts.

« Je connais ton histoire Meryl. Tu n’as rien à craindre de moi, pas plus que je n’ai peur de toi. »

Sentant son intérêt émergé doucement de sa peur, je mis un genou à terre, observant son visage un instant avant de reporter mon attention sur la chaine qui lui mordait la cheville. Un fin sourire me vint en constatant le travail admirable qu’avait fait le forgeron mais néanmoins si fragile face à ceux connaissant les mots déliant le métal. Ce qui était mon cas. Je plaçai ma paume sur l’anneau et entonnai un étrange mélange de langage sibyllins et sifflant entrecoupé de sifflement tenus. Un froid mordant s’empara de mon bras mais l’anneau à sa cheville se fendit comme un morceau de glace et j’achevai de le faire voler en éclat en tirant d’un coup sec.



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Dernière édition par Jester Sullyvan le Jeu 29 Déc - 14:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Deora an Oighir Jeu 29 Déc - 3:18

Elle n’avait jamais croisé de voyageur. Ces parties de la forêt Geignarde était très peu visitées. Trop lointaines, trop froides, surtout en hiver. Il n’y avait aucune raison à s’y aventurer. Jamais elle n’aurait pensé voir quelqu’un un jour approcher de sa cabane. Elle avait toutes les raisons de se méfier d’un potentiel visiteur.
L’homme qui s’était avancé était étrange. Ce n’était pas un villageois. Meryl se sentait frissonner, peut-être à cause du froid ou bien de l’aura énigmatique qui émanait de cet être. Cela ne présageait rien de bon. La jeune fille le regarda de haut, comme pour masquer sa crainte, l’observant se rapprocher. Dangereusement. Il était désormais accroupit devant elle, avec un léger sourire, mais ses yeux jaunes étaient semblables à ceux d’un chat. Enjôleur pour mieux refermer ses griffes sur sa proie. La rouquine se sentait mal à cette constatation, son instinct de survie lui mordant le ventre. Elle le regarda fixement, droit dans les yeux.

« Bonjour Meryl »

La goulée d’air qu’elle avait avalée avait été bruyante, annonçant le silence de sa respiration coupée. Elle n’avait même pas réagit à sa mèche de cheveux qui était emprisonnée entre ses doigts. Pourquoi connaissait-il son nom ? Son visage lui était parfaitement inconnu, et il ne ressemblait absolument pas aux personnes habitant cette région du pays. A vrai dire, il ne semblait pas être comparable à quiconque. Il était bien trop bizarre. La seule raison qui lui paraissait plausible au fait qu’un parfait inconnu connaisse son nom était qu’on avait parlé d’elle à quelqu’un.

« Je connais ton histoire Meryl. Tu n’as rien à craindre de moi, pas plus que je n’ai peur de toi. »

Cette phrase, presque hypnotique au premier abord, la troubla en premier. Elle aurait pu paniquer, mais fut finalement satisfaite de voir ses hypothèses se concrétiser. Quelqu’un l’avait obligatoirement envoyé ici pour une raison précise. Elle allait esquisser timidement une question, mais son élan se vit coupé quand elle le vit à ses pieds. L’étrange individu admirait sa chaîne, avant de l’effleurer, en murmurant des paroles sifflantes incompréhensibles. Ce langage ressemblait un peu aux langues de ses chansons, mais les mots semblaient prononcés par un reptile. Si ce n’était pas aussi fascinant, ç’aurait pu être un blasphème pour elle. Meryl l’observa en haussant un sourcil. Le bracelet qui meurtrissait sa cheville se fendit et vola en éclat, faisant sursauter la jeune fille. Un éclat de métal traça une légère entaille sur sa jambe blanche. Elle recula vivement, le regard d’abord craintif, puis luisant de rage brûlante. Ce type était dangereux, elle en était désormais certaine. Mais ce n’est jamais par pur hasard que ce genre de personnes vienne à votre rencontre. Elle ne songeait même pas au fait que sa famille aurait pu lui envoyer un sauveur. Si elle avait été une débile parfaite, elle aurait même pu le prendre pour un ange. Un ange avec des yeux de démon. La Cadigan était maintenant persuadée qu’il avait quelque chose à voir avec l’horrible édile d’Aisling. Cet homme avait un pouvoir effrayant, il était fort probable qu’il ait engagé un « monstre dans son genre » pour combattre le mal par le mal.

« C’est lui qui vous envoie n’est-ce pas ? »

La rouquine attendit quelques secondes mais perdit vite patience. Ses sourcils étaient froncés, assombrissant son visage. Elle reculait doucement, comme un renard rouge effarouché. Elle aurait voulu se réjouir de sa liberté, mais la paranoïa était devenue à cet instant sa nouvelle entrave. Des années à être le mouton noir d’une bourgade entière laissait des traces évidentes.
« Haldane vous a demandé de me tuer, c’est ça ? Il ne supportait pas l’idée de me savoir vivante loin de son maudit village ? »
Elle grognait presque, ses poings se serrant lentement. Un mois à attendre ce jour avait élimé sa solidité mentale. Elle avait froid, elle avait faim et voilà maintenant que la seule personne qui lui arrachait cette chaîne était probablement quelqu’un venu l’achever. Elle s’en fichait quelque part, mais cette idée la révoltait, faisait exploser tout ce qu’elle avait peine à retenir depuis des années. L’adrénaline jouant beaucoup, elle s’était brutalement approchée. Son visage était près du sien pour répliquer sèchement, appuyant chacun de ses mots avec d’un ton venimeux :

« Répondez ! Votre voix de serpent capable de briser le plus fort des métaux de Calandine ne m’effraie pas. Tuez-moi aussi si cela vous arrange, mais répondez au moins à ma question. De misérables révélations ne vous arracheront pas votre précieuse prime. »

En vérité, il était fort probable que s’il venait à lever la main sur elle, elle mordrait à sang son bras ou se précipiterait dans sa cabane pour récupérer ses dagues. Par simple réflexe. Et elle avait beau jouer la sauvage forestière pas impressionnable pour un sou, les mots qu’il avait susurré lui glaçait le sang bien plus que l’air ou l’eau de l’étang. Meryl reprit lentement une distance raisonnable, le foudroyant du regard. Elle ne savait même pas pourquoi elle sentait son sang pulser autant dans ses veines.

Et si ce type n’était qu’un pauvre magicien lambda qui se promenait dans une forêt pour cueillir des champignons, elle n’avait aucune honte à l’agresser gratuitement.

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MessageSujet: Re: Deora an Oighir Sam 7 Jan - 4:46

Les tonalités changèrent, la mélodie se modifia imperceptiblement. Je sentis sa méfiance et sa peur s'éveiller un bref instant avant qu'elle ne s'éloigne d'un bond, me fixant comme l'incarnation du mal en personne. Elle aurait presque raison. Mais elle n’avait nullement besoin de le savoir pour l'instant.

« C’est lui qui vous envoie n’est-ce pas ? »

Le maire. L'idiot qui l'avait ainsi confinée et promise à une mort lente et certaine à défaut de l'égorger de ses mains. J’entrevoyais vaguement le visage d'un homme aux marques de vieillesse distordues par la crainte et un besoin viscéral de faire souffrir. Homme peu commode semblait-il. Les sons crissant désormais, presque hurlant, à l'instar d'une note tendue à l'extrême sur un violon, ses sons qui me vrillaient les tympans me montraient à quel point la jeune femme avait peur. De moi, de l'édile, de mourir aussi pitoyablement alors que sa rage grondait tout aussi fortement à mes oreilles, faisant vrombir l'air. Une colère explosive, au combien délicieuse, que je me voyais déjà extraire et modeler peu à peu pour la faire briller dans toute sa splendeur. Ce serait une arme précieuse. Et je songeais déjà vaguement au moyen à mettre en œuvre pour faire mienne cette rage.
La jeune femme, Meryl, c'était ressaisie. Tournant autour de moi, grognant presque, je fus surpris de ne pas la voir se changer en un renard féroce et meurtrier. C'aurait été un tableau magnifique. Un pouvoir comme celui-ci aurait eu de bonnes raisons d'effrayer son chef de village. Mais ce n'était pas le cas. Ce n'était pas son héritage magique. Et je ne pouvais ressentir qu'une profonde pitié pour elle et son don aussi inoffensif qu'un chaton. Pour l'instant du moins.
Elle s'était ressaisi donc, me jetant une phrase au visage que je n'écoutai pas, trop occupé que j'étais à déchiffrer avec délice les nuances de rythme, la réécriture de sa partition, le crescendo de sa rage. Je fus cependant bien obligé de me concentrer de nouveau sur elle lorsqu'elle s'approcha, enhardie, et s'exclama d'une voix âpre et sèche :

« Répondez ! Votre voix de serpent capable de briser le plus fort des métaux de Calandine ne m’effraie pas. Tuez-moi aussi si cela vous arrange, mais répondez au moins à ma question. De misérables révélations ne vous arracheront pas votre précieuse prime. »

Je gardai le silence un instant, faisant rouler dans mon esprit le son de cette voix vibrante d'émotions puissantes et alliées de nombre de mes batailles une fois celles-ci apprivoisées. Puis je pris un air contrit, ne désirant pas m'engager en de vaines disputes, et lui souriant, je levai calmement les mains pour l'apaiser.
« Je n'ai rien à voir avec votre tortionnaire, Meryl. Soyez assurée que si j'avais voulu vous tuer, vous ne vous seriez même pas aperçu de votre dernier soupir. Il aurait été doux et paisible d'ailleurs. Mais je ne désire pas vous montrer que je dis la vérité, ce serait regrettable. »
Baissant mes mains levées, je me redressai et fit un pas vers elle, la surplombant aisément pour planter mon regard dans le sien, brillant comme des feuilles de printemps sous la lumière.
« Soyez également assurée, ma chère, que j'ai déjà ôté la vie a de vulgaires êtres pour des offenses bien moins blessantes qu'une voix de serpent. »
Je gardai un instant mon regard vrillé dans le sien puis soupirai et m'éloignai, passant une main dans mes cheveux pleins de neiges. Ils commençaient à se détremper et un filet d'eau glacée me coulait dans la nuque. Retrouvant mon sourire, j'ajoutai d'une voix où perçait une pointe de condescendance.
« Veuillez m'excuser, je réagis instinctivement depuis si longtemps que j'en oublie de me comporter convenablement devant mes semblables. Mais là n'est pas la question. Si je suis venu vous voir, c'était avant tout pour vous proposer un marché. »
Voyant que mes changements d'attitudes aussi rapides qu'incongrus, ma soudaine politesse et l'évanouissement du tutoiement la prenait au dépourvu, je ne pus retenir une esquisse de sourire amusé et me permis de lui attraper le poignet avec délicatesse pour l’entraîner vers sa petite cabane. J'en ouvris la porte et la fit entrer la première, après quoi, je lui intimai de s'asseoir à ses aises prêt de la chaleur du feu, elle était chez elle après tout, tandis que je m'appropriai un semblant de tabouret que j'installai à une distance respectable en face du sien. N'ayant pas froid grâce à mon sort, l'air un peu plus chaud de la masure suffisait largement à rendre supportable les gouttes froides qui tombaient de mes cheveux dans mon cou et sur mes épaules. J'attendis un instant avant de prendre la parole, étudiant son chant, testant le terrain, avisant si oui ou non, elle était déjà suffisamment intéressée pour que j'entre dans le vif du sujet. Je finis par me lancer. Après tout, je ne risquais rien à tout dire de but en blanc et elle même avait tout à y gagner si elle était dotée de l'esprit fort et implacable que je lui pensais. Posant mes coudes sur mes genoux, je joignis mes mains sous mon menton et l'observait avec un air que j'espérai à la fois sérieux et aimable.
« Un marché. Voilà ce dont j'aimerais vous parler. Comme je vous l'ai dit, je connais votre histoire. Rassurez vous, personne ne m'en a parlé, c'est grâce à mes propres dons que je l'ai apprise, d'une manière assez particulière. De fait, je n'en connais pas tous les détails, seulement les plus marquants, ainsi que les peurs, les joies, les colères où autres sentiments forts qu'il vous en reste. J'ai entendu votre haine pour le chef de votre village, ainsi que pour d'autres habitants irrespectueux et vils. J'ai écouté votre amour brillant et la tristesse amère qu'il vous en reste. Je perçois l'attachement chaleureux qui vous lie à votre famille et surtout à votre frère. Aussi ferais-je simple. Voyez-moi comme un ermite, un mercenaire ou un écouteur d'histoire. Et aujourd'hui, je vous propose mes services, afin de les mettre entre les mains de votre envie de vengeance. J'endosse sur moi toutes responsabilités ou péchés, appelez ça comme vous voulez. Je ne suis qu'au service des gens qui, comme vous, on tout perdu à cause de la sottise ou de la cupidité des autres. Nombre d'entre eux, souvent, n'ont ni assez de courage ni assez de force pour se venger et récupérer la vie qui leur a été volée. C'est pourquoi je sers d'intermédiaire. »
Je repris doucement mon souffle, laissant en suspens ma longue tirade. Il était assez difficile de s'inventer un métier noble et au service de l'autre tout en proférant un discours se voulant en faveur du meurtre et de la vengeance. J'espérai néanmoins lui avoir bien fait comprendre que tout ceci n'était que justice pure et simple, ce qui était complètement vrai à mes yeux de toute manière, et que quoi qu'il arrive, elle n'aurait à se blâmer de rien. Je prendrais tout sur moi. Après tout, je n'avais déjà plus rien à souiller en moi. Du noir sur du noir ne fera jamais que du noir. Je penchai légèrement la tête, reprenant d'un ton inquisiteur.
« Meryl, souhaitez-vous que je vous venge pour les traitements que vous avez subis et que je retrouve l'assassin de votre aimé ? »
Elle pouvait croire que je mentais. C'était parfaitement légitime. Néanmoins, si elle acceptait mon offre, elle comprendrait vite que je ne revenais jamais sur mes engagements. Je la vengerais selon son souhait et retrouverais l'assassin lui ayant volé son point d'ancrage et son futur en la faisant croupir ici à cause de son acte. Ce qui en soit ne serait pas très difficile. Les Mangeurs d'Âmes se souvenaient tous de leurs victimes et les bandits et assassins de grands chemins nous étaient tous connectés, à des degrés plus ou moins importants et sans qu'ils sachent notre identité véritable. Il ne serait pas dur de les faire parler.

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MessageSujet: Re: Deora an Oighir Dim 8 Jan - 3:59

Meryl s’était surprise à grogner, comme une gamine sauvage. Sentant qu’elle commençait à atteindre la limite du risible, elle se contint et laissa le froid l’envahir pour calmer son sang bouillant. Elle vit alors son interlocuteur lui faire signe de se calmer. Son ton posé l’incita à obéir et même à écouter. Son regard était encore vif, mais elle était attentive :

« Je n'ai rien à voir avec votre tortionnaire, Meryl. Soyez assurée que si j'avais voulu vous tuer, vous ne vous seriez même pas aperçu de votre dernier soupir. Il aurait été doux et paisible d'ailleurs. Mais je ne désire pas vous montrer que je dis la vérité, ce serait regrettable. »

Elle avait haussé un sourcil puis croisé les bras. La Cadigan était certes peu convaincue, mais se résolu à le croire, du moins, pour le moment. La jeune femme l’écouta alors, sans broncher. Elle était méfiante mais pas stupide. Il connaissait son nom, apparemment ce qu’il lui était arrivé aussi. Rien n’était dû au hasard et elle n’avait rien à perdre à l’écouter. Et puis, elle était libre, dans le pire des cas, elle pouvait toujours enfin prendre ses jambes à son cou. Mais ne pourrait jamais retourner à Aisling.

« Veuillez m'excuser, je réagis instinctivement depuis si longtemps que j'en oublie de me comporter convenablement devant mes semblables. Mais là n'est pas la question. Si je suis venu vous voir, c'était avant tout pour vous proposer un marché. »

Sa façon de parler était étrange. Comme un vieil aïeul qui se donnait une attitude protectrice tout en vous faisant bien comprendre que vous ne pourrez jamais le contredire impunément. Plus elle l’observait, plus elle était sceptique. Il lui faisait penser à une rivière à accueillante mais opaque. Insondable.
Proposer un « marché ». Ce mot ne lui plaisait pas car il connotait un retour. Déjà qu’elle n’aimait pas être redevable à quelqu’un, devoir accomplir une promesse, un pacte ou autre lui donnait des frissons. Tant qu’elle n’en saura pas les moindres détails, et n’en sera pas entièrement assurée, elle n’accepterait pas la moindre close. Ses réflexions la coupaient de l’extérieur et cette proposition l’avait déstabilisée. Tant que lorsque la main de l’homme s’était refermée sur son poignet, elle ne se rendit compte qu’elle avait été emportée qu’au moment où elle s’était retrouvée face à sa cabane. Elle rentra en premier, docilement, le dos courbé, mais pestant contre le monde entier.
Il s’assit sur un tabouret et elle en fit de même. Elle l’observa silencieusement, avant qu’il n’en dise plus sur ce qu’il avait à lui offrir :

« Un marché. Voilà ce dont j'aimerais vous parler. Comme je vous l'ai dit, je connais votre histoire. Rassurez-vous, personne ne m'en a parlé, c'est grâce à mes propres dons que je l'ai apprise, d'une manière assez particulière. De fait, je n'en connais pas tous les détails, seulement les plus marquants, ainsi que les peurs, les joies, les colères où autres sentiments forts qu'il vous en reste. J'ai entendu votre haine pour le chef de votre village, ainsi que pour d'autres habitants irrespectueux et vils. J'ai écouté votre amour brillant et la tristesse amère qu'il vous en reste. Je perçois l'attachement chaleureux qui vous lie à votre famille et surtout à votre frère. Aussi ferais-je simple. Voyez-moi comme un ermite, un mercenaire ou un écouteur d'histoire. Et aujourd'hui, je vous propose mes services, afin de les mettre entre les mains de votre envie de vengeance. J'endosse sur moi toutes responsabilités ou péchés, appelez ça comme vous voulez. Je ne suis qu'au service des gens qui, comme vous, ont tout perdu à cause de la sottise ou de la cupidité des autres. Nombre d'entre eux, souvent, n'ont ni assez de courage ni assez de force pour se venger et récupérer la vie qui leur a été volée. C'est pourquoi je sers d'intermédiaire. »

Meryl faillit tomber de sa chaise. Elle mit un moment à analyser entièrement ce qui avait été dit, pensant un bref moment être en train de rêver. Elle observait la tignasse blanche avec des yeux écarquillés. Sa voix n’était plus qu’un murmure étranglé par l’étonnement.

« Par le sang des Dragons, que … »

Elle secoua doucement la tête avant de formuler une question idiote. Il savait vraiment ce qu’il lui était arrivé. L’affirmation qu’il avait fait plus tôt l’avait laissée songeuse, mais cette fois, il l’avait bluffée, déstabilisée. Il lui proposait là tout ce dont elle rêvait depuis plus d’un mois. Elle imagina quelques instants la satisfaction que lui apporterait tous ces meurtres, fut une seconde étourdie par cela, mais se résigna finalement. C’était alléchant, mais il aurait été incroyablement stupide d’accepter immédiatement sans aucune mesure. Sa haine était grande, mais elle gardait tout de même une part de prudence en elle. La jeune femme se ressaisit encore plus vite en se disant qu’elle serait bien plus satisfaite en tuant toutes ces personnes de sa main. Cependant, cet idiot avait ravivé trop de souvenirs à la fois. Elle s’était sentie faible à l’évocation de toutes ces personnes, tant aimées ou si viscéralement détesté. Tout cela compliquait toute tentative de calcul.

« Meryl, souhaitez-vous que je vous venge pour les traitements que vous avez subis et que je retrouve l'assassin de votre aimé ? »

Elle souffla doucement, regardant ailleurs et se tortillant sur sa chaise. Elle ouvrit la bouche, puis la referma, comme si elle s’apprêtait à accepter avant de s’arrêter au dernier moment. Ses mains trituraient nerveusement le ruban de sa capeline. Toutes ces informations qu’il avait sur elle la rendait vulnérable, il commençait par ailleurs à réussir à la manipuler, doucement. Cette sensation écœura la jeune rouquine, la réveillant enfin pour pouvoir la faire répondre avec tout son jugement :

« Un marché se compose toujours de deux parts mutuelles. Vous venez d’exposer celle qui m’arrange. Et vous taisez ce que vous me voulez en retour. »

Elle leva son menton pointu, laissant peser le silence un certain instant pour le dévisager. La jeune fille avait du mal à lire dans ses yeux. A vrai dire, cela lui était presque impossible. A croire qu’il avait été entraîné pour ne rien laisser transparaître dans son regard.

« Bien que ce que vous venez de me proposer est très intéressant, cela reste assez obscur. De plus vous m’avez déjà délivrée. J’ai donc une dette énorme envers vous, même si cela ne plaît absolument pas. Que voulez-vous ? Je n’ai pas d’argent, rien à offrir, mis à part si vous êtes là pour des armes de valeur qu’est capable de fabriquer mon père. »

L’entendre parler avec autant d’amabilité parvenait à endormir en partie sa crainte. Elle n’avait désormais plus vraiment peur de lui. Or, il n’amoindrissait pas sa méfiance, bien au contraire. De si belles paroles, des promesses alléchantes. Elle connaissait bien la fourberie humaine. Il cachait évidemment quelque chose. Personne n’agit aussi serviablement sans y rechercher un intérêt quelque part. Avec un léger rictus, elle ajouta, d’un ton piquant, presque provoquant :

« Vous êtes louche. Votre offre vous donne le profil du parfait arnaqueur, Monsieur dont je ne connais même pas le nom. Et je n’ai aucunement envie que votre marché devienne ma nouvelle chaîne.»

La Cadigan le scruta avec un peu plus d’attention que précédemment. Son visage était un oxymore. Certains de ses traits étaient fins et doux, d’autres rudes et durs. Ses yeux étaient à peine marqués des premières rides, mais son regard lui faisait parfois penser à un vieillard las. Son sourire avait beau être délicat, ce faux contact qui y persistait la décontenançait.
La jeune femme se tourna pour se pencher sur l’âtre, étendant ses bras vers les petites flammes qui survivaient difficilement dans les braises. Son estomac gargouilla et elle serra les dents, posant sa main sur son ventre. C’est vrai, elle n’avait pas mangé depuis un bon bout de temps, au point que ça commençait presque à devenir douloureux. L’heure avait beau ne pas être à cela, il était difficile de ne pas y penser. Meryl soupira et baissa la tête un instant. Rien n’était encore fini. C’était désespérant.
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MessageSujet: Re: Deora an Oighir

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Deora an Oighir

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